Roman Safiullin n'a pas perdu de temps à Pékin. Le Russe a battu Flavio Cobolli, numéro 7 mondial, 6-3 6-2 et s'est offert une place en huitièmes de finale du China Open, tournoi ATP 500 sur le dur chinois. Pour le 84e du classement officiel, c'est la victoire la plus marquante de la semaine.
Le match a duré une heure et 24 minutes. Selon les comptes rendus de Sky Sport et d'OA Sport, Cobolli, quatrième tête de série, a eu trois balles de break dans le troisième jeu sans parvenir à les convertir, et Safiullin a répondu aussitôt dans le jeu suivant. Dans la deuxième manche, le Russe a pris un double break d'avance et l'a gardé jusqu'au 6-2 final. OA Sport l'a décrit « en état de grâce » : difficile de lui donner tort.
Le succès se voit tout de suite au classement. Dans le classement live du site, Safiullin est n°67 avec 839 points, alors qu'avant le tournoi il était à 694, à la 84e place. Le site indique 145 points de plus depuis le début du tournoi et 29 places gagnées par rapport au 13 juillet 2026. Devant lui se trouve Fabian Marozsan (n°66), à un seul point, et derrière Ethan Quinn (n°68), dix points plus bas.
Le butin peut encore grossir. Chaque tour franchi à Pékin rapporte de gros points : 45 pour les huitièmes, 90 pour les quarts, 180 pour les demi-finales, 300 pour la finale et 500 pour le titre. Avec une victoire au prochain tour, Safiullin passerait à 884 points ; s'il allait jusqu'au trophée, son total atteindrait 1 294.
De l'autre côté du filet, la défaite est un pas en arrière dans la course aux Finales. Cobolli est n°7 avec 3 645 points : devant lui se trouve Daniil Medvedev (n°6), 85 points plus haut, tandis que derrière Frances Tiafoe (n°8) est à 230. Dans les six prochaines semaines, l'Italien a 170 points à défendre et une élimination dès l'entrée en lice n'aide pas à se constituer une marge. La presse italienne l'a lue exactement ainsi, comme un coup porté à ses espoirs de qualification.
La saison 2026 de Cobolli reste d'un bon niveau. En 2025, il avait terminé avec 28 victoires, 26 défaites et deux titres, et cette année il a atteint les demi-finales à Cincinnati, où il s'est incliné face à Arthur Fils 6-3 6-4. À l'US Open, il avait battu Francisco Comesana et Tristan Schoolkate avant de céder au troisième tour face à Alexander Blockx en quatre sets. Son bilan sur les dix derniers matches, Pékin compris, est de cinq victoires et cinq défaites.
Safiullin, lui, arrive en confiance. Il a 29 ans, il est né le 7 août 1997 et, en 2025, il avait terminé avec huit victoires et 17 défaites, sans titre, sur le circuit principal. Au total, entre 2021 et 2025, il a gagné 42 matches sur 102 (41 %), avec zéro titre et une finale. Des chiffres qui disent combien son parcours a été irrégulier, et combien la remontée de ces dernières semaines est significative.
La saison 2026 lui a déjà offert quelques éclaircies. À Wimbledon, il a atteint les huitièmes, où il a cédé face à Novak Djokovic en quatre sets, 7-6(6) 6-3 3-6 6-3, en lui prenant une manche : ce résultat lui a rapporté 200 points au classement. À l'US Open, il a hérité de Carlos Alcaraz au premier tour et a perdu 6-4 6-4 6-4, tandis qu'à Winston-Salem il s'est arrêté au deuxième tour contre Hugo Grenier. Au Challenger 125 de Cancún, il a atteint les quarts, battant Sebastian Ofner avant de s'incliner face à Hubert Hurkacz 6-4 6-3.
Le vrai signal est venu à Hangzhou. Dans ce 250 chinois, Safiullin a battu Fajing Sun 6-2 6-0 au troisième tour, puis Quentin Halys en huitièmes 5-7 6-3 6-4 et Bu Yunchaokete en quarts sur un net 6-3 6-3. En demi-finale, il s'est incliné 7-5 6-4 face à Medvedev, qui a ensuite remporté le tournoi en battant Andrey Rublev en finale. Cette semaine lui a rapporté 100 points.
Avec la victoire sur Cobolli, Safiullin a gagné quatre de ses cinq derniers matches, tous sur le dur chinois. Le site chiffre ses 30 derniers matches à 13 victoires et 17 défaites, un solde de moins quatre que les dernières semaines sont déjà en train de corriger. Sur les dix derniers, il est à égalité parfaite, cinq victoires et cinq défaites.
Entre Safiullin et Cobolli, il n'y avait qu'un seul précédent, et c'est celui-ci : le 6-3 6-2 de Pékin. La page des face-à-face du site affiche donc 1-0 pour le Russe. Contre Medvedev, le compte est de 0-1 après la demi-finale de Hangzhou. Les plus longues rivalités du Russe sont celles avec Alexei Popyrin, qu'il mène 3-1 en quatre confrontations, et avec Djokovic et Holger Rune, toutes deux à 0-4.
Pendant ce temps, le China Open avance. Le tournoi a débuté le 28 septembre et compte 28 joueurs au tableau, issus de 17 pays. À ce jour, 14 matches ont été joués, avec cinq tie-breaks et cinq rencontres allées au set décisif. La plus longue a été celle entre Andrey Rublev et Tallon Griekspoor, conclue 6-4 5-7 7-6(6) après 35 jeux.
Le reste du tableau ne reste pas immobile. Le site signale trois joueurs russes encore en lice en huitièmes. Djokovic a battu Nuno Borges 6-3 7-6(2), Alexander Zverev a dominé Cameron Norrie 7-6(1) 6-4, Hubert Hurkacz a pris le dessus sur Learner Tien 5-7 6-3 6-4 et Karen Khachanov a éliminé Felix Auger Aliassime 6-3 6-3.
Le tournoi a une identité précise. En 2025, le titre est revenu à Jannik Sinner, qui avait battu Learner Tien 6-2 6-2 en finale ; en 2024, Carlos Alcaraz l'avait emporté en trois sets contre Sinner, 6-7(6) 6-4 7-6(3), et en 2023 Sinner s'était de nouveau imposé face à Medvedev, sur un double 7-6(2). Cette année, Sinner est absent, le plateau est plus ouvert et celui qui trouve une semaine de confiance peut en profiter.
Cela vaut aussi pour les points : Tien, finaliste 2025, en avait 300 en jeu, De Minaur et Medvedev 180 chacun pour les demi-finales de l'an dernier. Safiullin, au contraire, a empoché 10 points pour le troisième tour et le tournoi n'apparaît pas sur sa fiche 2025 : chaque victoire supplémentaire est un gain net. C'est le luxe de celui qui joue en outsider.
Et maintenant ? Safiullin attend son adversaire des huitièmes avec 45 points en jeu pour ce tour et la possibilité d'aller plus loin. Plus que les chiffres, c'est la confiance qui compte : battre un top 10 en deux sets sur dur est une carte de visite qui pèse. Le plus difficile, comme toujours, est de le répéter.
Pour Cobolli, la route vers les Finales passe par les prochaines semaines. Avec 170 points à défendre et une concurrence serrée parmi les dix premiers, il devra retrouver rapidement de la régularité. La saison est longue et Pékin reste, pour l'instant, un accident de parcours. Pour Safiullin, cela pourrait être le début de quelque chose de plus grand : le tableau dira bientôt jusqu'où.